Le paradoxe du poisson rouge

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Le paradoxe du poisson rouge

Message par GreenGarden le Lun 19 Sep - 20:35

Le paradoxe du poisson rouge
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Le paradoxe du poisson rouge - Une voie chinoise pour réussir d'Hesna Cailliau - Édition Saint-Simon.

Pour l'auteure, Hesna Cailliau, notre monde contemporain ressemble à une mer très agitée. Avec ses courants complexes, ses vents changeants, ses vagues porteuses ou cassantes. Tel un poisson dans l'eau, un pays semble pourtant s'y mouvoir avec agilité et succès : la Chine.

Depuis la nuit des temps, le poisson rouge y est célébré. Pas celui de notre enfance qui tourne en rond dans son bocal mais la carpe koï, grande et majestueuse, reine des bassins et rivières des jardins publics. Sa ressemblance avec un petit dragon, figure mythique du pays, tout comme sa robe rouge, symbole de la joie de vivre et de la force créatrice, lui valent d'être sacrée. Un culte qui ne doit rien au hasard.

La culture populaire prête à l'animal huit vertus, toutes inspirées de la sagesse chinoise : ne se fixer à aucun port, ne viser aucun but, vivre dans l'instant présent, ignorer la ligne droite, se mouvoir avec aisance dans l'incertitude, vivre en réseau, rester calme et serein, remonter à la source.

Autant d'aptitudes qui offrent à la carpe une totale symbiose avec son environnement, toujours aux aguets pour saisir l'opportunité qui se présente.

Dans un monde désormais multipolaire et interdépendant, l'heure est venue d'échanger non seulement nos marchandises mais aussi nos sagesses. Une seule grille d'analyse, la nôtre, est insuffisante pour faire face aux immenses défis qui se présentent. Or, il y a chez les Chinois des idées et des façons de faire dont nous pourrions nous inspirer à la fois pour notre développement personnel et notre efficience en affaires. Il ne s'agit pas de devenir comme eux mais de réveiller le Chinois qui sommeille en nous.

Un détour par ce monde à l'envers du nôtre permettrait en effet de découvrir des chemins oubliés de sa pensée et même des affinités avec une partie ignorée de nous-mêmes. En tout cas, voilà l'occasion unique de retrouver l'étonnement philosophique que nos sociétés figées dans leurs certitudes ont perdu. C'est l'étonnement qui est le déclencheur du changement car il ouvre grandes les portes de l'imagination. Toutes les grandes découvertes ont commencé par un éblouissement.

Hesna Cailliau, constate que dans un monde de plus en plus complexe, incertain et mouvant, les Chinois sont comme des poissons dans l’eau de la complexité. Le poisson rouge est célébré dans leur culture. Il permet de pénétrer ce monde étrange et déroutant pour nous qu’est ce pays. Il inspire en effet les attitudes et les comportements et aussi les processus de décision. Il montre à travers ses 8 vertus la Voie à suivre pour vivre toujours en phase avec la réalité.

1) Ne se fixer à aucun port

"Etre sans idée préconçue pour rester ouvert à tous les possibles" - Confucius

Le pire défaut est de vouloir avoir raison car alors on s’enferme dans son raisonnement et on devient sourd aux idées nouvelles et aveugles aux signaux faibles.
L’idée est de ne pas s’attacher à des modèles préconçus, car la vie se transforme constamment. Le danger pour les Chinois : "vouloir avoir raison", car on s’enferme et on devient sourd et aveugle à son environnement.
Les carpes ont de grands yeux pour mieux observer. On retrouve ici une opposition forte entre les deux modes de pensées occidentaux et asiatiques : pour nous il est important de bien penser, pour eux il est important de bien observer. À travers la parabole du poisson rouge, on voit un éloge du silence et de l’ombre. L’ombre n’a pas la connotation négative que l’on peut trouver chez nous.

2) Ne viser aucun but précis

"Le chemin se trace en marchant" - Lao-tseu

La fixation sur un but est : - source de tension : qui s’efforce nuit à sa force - ne permet pas de voir ce qui se passe à la hauteur du sol et donc de saisir les opportunités qui se présentent.
Nous sommes confrontés à deux conceptions du temps différentes. En Chine, le temps est cyclique, il n’y a pas de début ni de fin. Même au point de vue de vocabulaire, la notion de but apparaît à la fin du XIXe en Chine, se fixer un but est présenté comme un inconvénient, car on dilapide son énergie pour l’atteindre, tandis que l’on risque de saisir des opportunités. Il est en effet important de savoir immédiatement changer de cap, lorsque l’opportunité se présente.

3) Vivre dans l’instant présent

"Le futur est dans le présent à l’état de germe et celui qui est attentif au germe ne connaîtra pas d’échec" - Lao-tseu

Une seule réalité : "ici et maintenant", le Chinois est totalement ce qu’il est dans ce qu’il fait (le futur lointain ne l’intéresse pas), ce qui lui permet d’être très attentif à tout ce qui se passe autour de lui. Un dicton : « Qui voit l’invisible est capable de l’impossible ».

4) Ignorer la ligne droite :

L’arbre tordu vivra sa vie, l’arbre droit finit en planches dit l’adage.

Le meilleur moyen de vaincre un obstacle est de le contourner (art du détour et de l’esquive).Tandis que dans notre culture, l’Homme qualifié d’intelligent va droit à l’essentiel, tout ce qui est droit met le Chinois mal à l’aise : « Seuls les démons marchent droit. » ou encore « L’arbre tordu vivra sa vie, l’arbre droit finit en planche».
Il est très important de laisser toujours une porte de sortie à son adversaire, en effet tous les moyens sont bons pour éviter les affrontements. La fuite est encouragée, car elle permet de garder ses forces intactes.
Chez nous, un dicton comme «Vouloir, c’est pouvoir» montre bien la différence d’attitude, on retrouve les affrontements des origines entre les différentes armées grecques... Ainsi, l’Occident valorise les valeurs masculines, ce qui n’est pas le cas, dans la culture asiatique pour laquelle le masculin vient du féminin, le Yang a besoin du Ying.

5) Se mouvoir avec aisance dans l’incertitude

"C’est au moment où l’on a des certitudes que l’on perd la guerre" - Sun-tseu

En raison de l’importance de l’harmonie sociale, il ne faut pas faire perdre la face à son interlocuteur, ainsi il n’y a pas de discussion alors que pour nous le débat est vital. Donc, tout le monde a raison, il n’y pas de vérité à 100%, les idées s’éclairent et se complètent : ce qui a été n’est plus, évolution au fil du temps.
La culture chinoise vit avec l’idée du changement, tandis que nous avons construit notre culture sur des certitudes. Cette manière de voir leur permet de mieux vivre l’échec : « Qui n’apprend pas à échouer, échoue à apprendre ». « Ne cherchez pas à entretenir la vérité, cessez simplement d’avoir raison » !

6) Vivre en réseau

"La croyance en un moi sujet libre, indépendant et séparé est une illusion à détruire" - Bouddha.

La relation est la seule réalité.
«On n’est heureux qu’en vivant en groupe.» «Personne n’est plus intelligent que nous tous ensemble». Si on n’est pas intégré dans un réseau, tous les coups sont permis, cette acceptation prend du temps, le temps n’est pas une valeur marchande, le temps c’est la relation. À contrario, ne pas être dans un réseau est handicapant... Pour créer cette valeur du groupe, l’éducation vise à renforcer la modestie et les liens de dépendance entre pairs. Il est important de ne pas étaler ses talents, le vrai leader se met en - dessous, c’est une des raisons pour laquelle il n’y a pas de leader charismatique en Chine.

7) Rester calme et serein

"Si tu es serein, tu peux surfer sur la vague Si tu as peur, elle t’engloutira". Tel est l’esprit du zen.

Un esprit inquiet est toujours vaincu par un esprit serein. Dans ce sens, la méditation est une extinction du cogito : c’est quand je ne pense pas que je suis (dans la réalité). La méditation est un moyen de retrouver de l’énergie, pour retrouver nos capacités, pour les exploiter, notre tête a besoin d’arrêter sa mécanique intellectuelle. Tandis que nous exaltons la pensée, Bouddha l’appelle « le singe fou » : toujours agité, jamais satisfait.

8 ) Remonter à la Source pour retrouver sa véritable nature

L’homme n’est pas seulement fils de la Terre, il est aussi fils du Ciel.
Ne pas perdre les liens avec la tradition permet de mieux s’enraciner pour mieux s’envoler vers de nouveaux horizons. Il faut différencier le « moi » et le « je » céleste. Il ne faut pas oublier sa dimension céleste, sa dimension spirituelle, source de possibilités infinies.

Née d’un père turc de tradition musulmane et d’une mère danoise de tradition protestante, Hesna Cailliau est mariée à un français de tradition catholique. Diplômée de science Pô et de sociologie, universitaire, et expert auprès de chefs d’entreprise, elle a pu constater dans sa vie combien les religions aident à comprendre les mentalités. Ses voyages en Asie et en Occident lui font dire : « On ne connaît l’âme d’un peuple qu’à travers ses qualités. » Aussi montre-t-elle dans son précédent livre « L’Esprit des religions » (éditions Milan) l’influence positive de la connaissance d’autres cultures.

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